The Artist

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Message  Le Docteur le Dim 16 Oct - 21:23



Quand on voit un chef d'oeuvre, il est souvent très difficile d'en parler mais ce n'est pas le cas ici, les qualités qui font de the Artist un spectacle incroyable sont toutes palpables. Si elles ne sautent pas aux yeux durant le film, c'est à la sortie qu'elles se rassemblent. Ce qu'il y'a de génial avec le film d'Hazanavicius, c'est qu'il ne prend pas une posture. En dehors de quelques incursions fantaisistes toujours justifiées, The Artist est bel et bien un film muet dans le sens le plus noble du terme. Le réalisateur a dû rivaliser d'ingéniosité pour nous raconter visuellement son histoire, en jouant avec les codes du cinéma muet et du début du parlant (l'utilisation des accessoires ou les rencontres impromptues qui rappellent le meilleur de Lubitsch, la musique qui accompagne parfaitement les émotions des personnages et les situations, les cartons dialogues qui se réduisent au minimum) ou en les utilisant avec un recul presque humoristique (la progression de Peppy Miller par l'utilisation de son nom au générique). La contrainte devient au final une belle leçon de créativité. On se retrouve avec une histoire simple mais dont l'écriture et le scénario sont tellement pensés qu'elle n'est jamais ennuyeuse alors qu'on a l'habitude d'enchaîner les productions qui se lancent dans des sujets complexes en oubliant la manière ne serait-ce que de poser leur sujet. Tout de suite, on voit la différence. Le Hazanavicius bouffeur d'images de OSS117 est également en forme, que ce soit sur la référence (l'arrivée du parlant qui nous embarque dans un épisode de la quatrième dimension, un clin d'oeil à contrepied à Sunset Boulevard) ou sur la distribution (excellent de voir John Goodman dans le pendant négatif de son personnage de Panic sur Florida Beach). Et l'émotion n'est pas en reste, distillée par paliers jusqu'au climax au point qu'il n'y a rien qui puisse paraître grossier pour le spectateur actuel. Le talent de Jean Dujardin pour monopoliser l'espace suffit à faire exister le héros sans qu'il n'ait à trop forcer sur son jeu habituel, allant même parfois dans registre plus fin sans larguer le spectateur. Le panneau de la première scène qui nous prévient avec humour que derrière le rideau il faut faire silence est finalement prophétique car aucun mot ne peut décrire le calvaire du héros. Ca tombe plutôt bien car nous sommes dans un film muet.

6/6

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Le Docteur
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