Le dossier Avatar - - - - - - - - - - - - - - - (James Cameron 2009)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le dossier Avatar - - - - - - - - - - - - - - - (James Cameron 2009)

Message  Han Solo le Mer 30 Mai - 1:41

Bonjour Next Olympus, dont j'ignorais l'existence, et que j'ai trouvé par hasard en recherchant l'excellent dossier James Bond de Mechagodzilla, évaporé du forum Mad, et dont la fin ne verra peut-être jamais le jour (mais bon, Brosnan et Craig, c'est pas le summum pour l'inspiration)

Voici un dossier qui date un peu lui aussi, le dossier Avatar, intéressant à titre d'archive, et dont l'essentiel des photos sera en spoiler, pour respecter les directives de Callahan concernant le forum NextOlympus (éviter de mettre trop de photos)

Bonne lecture



Le Dossier Avatar


1/ Au commencement

ce fût la première image que je vis d'Avatar, c'était alléchant



malheureusement le film n'a pas tenu ses promesses


2/ Une planète de fleurs

les échos suivants parlaient d'extra terrestres bleus sur une planète aux fleurs géantes, ça prenait forme


(Agar 1975)

Spoiler:






















3/ Avatar versus Star Wars

Georges Lucas est un précurseur, chaque séquence de sa nouvelle trilogie Star Wars peut donner naissance à un nouveau film

Ainsi, en voyant la séquence de Pods Racers dans la Menace Fantôme, les sœurs Wachowski n’eurent qu’une envie, faire tout un film qui ne serait qu’un vaste jeu vidéo, un film destiné aux enfants en bas âge, un film qui aurait lui aussi son Jar Jar Binks (Spritle et son singe), mais un film qui irait encore plus vite grâce au procédé Superfast, ce film c’est Speed Racer (2008), qui ne fait qu’étirer sur un long métrage la séquence de Pods Racers entrevue dans la Menace Fantôme (1999)

Dans la Revanche des Siths, quand survient l’ordre 66, Aayla Secura se fait trucider au milieu des fleurs géantes de la planète Felucia à la végétation luxuriante, cette séquence dure à peine 10 secondes, mais elle hantera les nuits de James Cameron pendant des années, ainsi il réalisera Avatar, un film en Superslow qui étire sur 2 heures et 42 minutes la séquence de 10 secondes, mais un film agrémenté du procédé 3D, car Cameron ne peut pas s’empêcher de faire joujou avec les dernières innovations technologiques, Cameron doit tout à Lucas, et Avatar (2009) doit tout à la Revanche des Siths (2005)

Mais Avatar ce n’est pas que cela, c’est aussi une musique, des images, une histoire, une expérience visuelle, et surtout une gigantesque compil où l’on retrouve de multiples influences

Le début du film reprend l’esthétique futuriste, à la fois métallique plate et toute en rondeurs, que l’on trouvait sur les couvertures de livres de science fiction, réalisées par des illustrateurs, je parle là des vues générales de planètes avec leur soleil, la vue d’une base au sol, la vue d’une flotte de vaisseaux spatiaux


(Mechanismo 1979)

On y voit aussi une excavatrice minière à la Dune, un hélico à la Captain Scarlet de Gerry Anderson, et des exosquelettes avec une démarche à la ED209 dans Robocop

Mais c’est aussi le moment où la 3D est la plus spectaculaire, dans un environnement militaire réaliste banal et routinier avec des scènes en relief qui sont hyperréaliste car bigger than life

Car la 3D nous la côtoyons tous les jours dans notre vie quotidienne (toujours à l’échelle 1), mais dans Avatar, sur grand écran, l’intérieur d’un camion tout en longueur, une passerelle métallique toute en longueur (dans un bâtiment), prennent une autre dimension (il est dommage que cet aspect spectaculaire soit moins bien exploité ensuite dans les décors plus fantaisistes)

Le film se poursuit par une ballade en forêt, une excursion à la campagne, digne de la Communauté de l’Anneau (il ne manque que Frodon), ou du Retour du Jedi (il ne manque plus que les Ewooks) , c’est à croire que Le bonheur est dans le pré, c’est la minute écolo

Après quelques péripéties vient la plus belle trouvaille du film, Pandora by night, et ses plantes phosphorescentes, luminescentes, dont chaque apparition est une merveille (mais malheureusement pendant toutes les scènes de jour on ne les voit pas)

Le peuple de Pandora a la peau bleue, il ne ressemble pourtant pas à la blonde schtroumpfette, mais déjà plus à Aayla Secura, les visages sont relativement moches, certains corps féminins sont davantage désirables, créant une certaine empathie, le héros est un élu (comme dans Matrix ou dans Dune), et comme dans Matrix il connecte son cortex à une machine pour accomplir sa destinée

Il y a enfin les rochers volants, qui ne sont pas sans rappeler les pochettes de 33 tours de Yes

Le véritable affrontement entre la Terre et Pandora va commencer, cette partie du film est plus touchante, car là où Starship Troopers nous montrait la propagande dans un régime totalitaire, où on ne se sentait pas concerné, Avatar montre les mécanismes de la propagande dans une démocratie, comme toute propagande elle consiste à inverser les rôles entre agresseurs et agressés, à rabaisser l’ennemi, à inventer des menaces, et Avatar en parle assez subtilement, plutôt que d’arriver avec ses gros sabots

Tout comme le héros de Dune domptait un vers géant, celui d’Avatar dompte un monstre volant, les héros du Seigneur des anneaux et de Dune rassemblent des armées, celui d’Avatar fait de même, et comme dans Starship Trooper les grosses bestioles feront pencher la balance quand est mené l’assaut final, je laisse les spécialistes de Campbell en tirer leurs conclusions

La mienne est qu’Avatar est un gros patchwork, sa musique n’est pas inoubliable, son histoire est moyennement prenante, la 3D est peu exploitée (la pub Haribo fait aussi bien) alors qu’il y avait un gros potentiel avec les hélicos, le propos a une certaine profondeur, les personnages sont moyennement charismatiques, mais il y a parfois de superbes images (toujours de nuit)


4/ Avatar versus Star Trek (et la logique Vulcaine)

J’ai revu Avatar

Cette deuxième séance a mis en évidence un récit paraissant mieux écrit qu’à la séance découverte (on fait plus attention à certaines phrases quand on connaît déjà la suite des évènements) mais un récit paraissant aussi moins intéressant qu’à la séance découverte (on sait à quoi s’attendre, il n’y a plus d’effet de surprise, plus d’espoir que ça sera mieux après)

Ce visionnage confirme aussi que le récit n’est pas très logique, qu’il ne respecte pas ses propres postulats :

1/ au début du film, quand on atterrit sur Pandora, on voit sur la base des bennes qui transportent soigneusement des gravats, ce sont des bennes banales, des bennes à ciel ouvert, or si c’était vraiment des gravats il n’y aurait aucun intérêt à les ramener à la base, autant les laisser sur place, et si c’était de l’Unobtainium, il devrait flotter en l’air et le bennes devrait donc avoir un couvercle pour l’empêcher de s’envoler, le film ne respecte donc même pas le principe de base sur l’Unobtainium qui est pourtant le McGuffin

2/ on nous annonce que Pandora est très dangereuse, à cause de la nature hostile ? on croirait le sketch de Timsit sur Koumac (hostile la nature, et pas de boîtes de nuit à 100km à la ronde dans la brousse), sauf que la nature hostile, on la voit au début quand Jack se trouve nez à nez avec des rhinocéros marteaux, une panthère, et des loup, dans la bataille finale avec les rhinocéros marteaux et la panthère, mais le reste du film elle fout une paix royale, la nature hostile, pas vraiment de quoi s’inquiéter

3/ on nous annonce que Pandora est très dangereuse, à cause des Na’vis, mais avant la destruction de l’arbre maison, les Na’vis ne sont pas particulièrement agressifs, et quand on dit que la situation s’est dégradée, on oublie soigneusement de nous dire pourquoi et à cause de qui, pas le moindre historique, du coup ce danger là aussi a l’air à moitié bidon, et extraire l’Unobtainium ne devrait donc pas être si difficile car Pandora n’est pas si hostile qu’on le dit

4/ à quoi servent les avatar ? en quoi sont ils nécessaires vis à vis de la nature hostile ? lors de la bataille finale les militaires se contentent de masques pour respirer l’atmosphère toxique, et d’armes pour affronter les autres dangers, les avatar sont réservés aux scientifiques, pourquoi les scientifiques ne peuvent ils pas porter de masques comme tout le monde ? à quoi servent vraiment les avatar ? à rien ! à quoi ont ils servi avant Jake ? à rien ! le film n’est donc même pas capable de justifier correctement l’existence des avatar

5/ pour extraire l’Unobtainium il faut des ouvriers, la base doit servir à ça, mais on ne voit jamais d’ouvrier, ni de repos, ni en action, juste une ou deux machines, et ces machines sont non loin du lieu d’atterrissage, où on ignore s’il y a de l’Unobtainium, on ignore aussi à quel stade d’avancement on en est avec l’exploitation de ce minerai

parce que l’Unobtainium on le voit sur les montagnes volantes, mais curieusement personne ne travaille là bas, pourquoi ? et on prétend que le plus gros gisement est sous l’arbre maison, mais là bas rien ne vole, pourquoi ? le Mc Guffin a encore plus de plomb dans l’aile

6/ la base est pleine de militaires, hormis lors de l’assaut final on ne les voit jamais en action, à quoi servent ils ? qu’ont ils fait tout ce temps là ? les militaires sont là pour la déco, payés à ne rien faire pendant des années

7/ le bestiaire et son comportement sont du Ray Harryhausen en plus coloré (ce n’est pas une critique, c’est une remarque)

8/ les militaires s’attaquent à 3 arbres, d’abord avec des gros bulldozer jaune ils s’en prennent à des saules pleureurs rose fluo où Jake et sa copine ont dormi (est ce l’arbre des âmes ? on dit qu’ils étaient sacrés), puis ils déracinent l’arbre maison, puis ils veulent larguer des palettes avec des boîtes de conserve sur l’arbre des âmes, cela signifie t il qu’il y a plusieurs arbres des âmes ? ou que les bulldozers jaunes avaient raté leur coup ? (pourtant on dirait pas), ou qu’on attaque 2 fois la même cible parce que le scénario a oublié qu’il y était déjà allé ? (donc que l’arbre des âmes est déjà détruit ou qu’entre-temps il a repoussé)

par ailleurs il y a plusieurs clans, mais c’est le clan où va Jake qui a l’arbre maison et l’arbre des âmes, ces 2 arbres ont ils aussi de l’importance pour les autres clans ? l’osmose avec la nature et la religion sont elles les mêmes chez les clans qui dorment sur un gisement d’Unobtainium et sur ceux qui dorment ailleurs ? le scénario fait l’impasse sur tout cela, ce qui fait que le monde proposé n’est pas crédible

9/ c’est juste une question, est ce que les fumeurs arrivent à rester 2h42 minimum sans fumer, surtout avec Sigourney Weaver qui vient agiter une clop sous leur nez ?


5/ Avatar versus Taxi

Taxi 3 : un film révolutionnaire


Taxi 3 est un film révolutionnaire, avec une utilisation du 35mm anamorphic (2.35 :1) comme jamais vu auparavant (ce procédé avait été popularisé autrefois par les formats Panavision et Cinemascope), personne avant Europa Corp n’avait atteint un tel degré d’immersion dans l’univers et l’atmosphère d’un commissariat marseillais

Le film démarre sur les chapeaux de roues avec un prégénérique non seulement très Mad mais qui ravira aussi les fan d’Impact, c’est une séquence à base de poursuite avec de mystérieuses petites motos noires, au terme de laquelle se révèle Sylvester Stallone himself, en guest star, et on enchaîne avec un générique à la James Bond

Le récit, simple mais pas simpliste, capte un fragment d’enfance, en proposant le concept d’un gang de Pères Noël, il y ajoute la vison d’un garage et de belles cylindrées, qui ne sont pas sans rappeler la planque de XxX Next Level, après quoi apparaît Bai Ling dans le rôle étonnant d’une journaliste excentrique

Avec l’apparition de Bai Ling c’est toute la poésie de Hayao Miyazaki qui fait son entrée dans ce métrage, se répandant en douceur, jusqu’à l’apparition inattendue de gros engins

C’est alors que Samy Naceri entre en scène, le choix de Samy Nacery dans le rôle d’un chauffeur de taxi est bien sûr une allusion à la guerre en Irak, et aux taxi de Bagdad, c’est aussi un clin d’œil à un autre chauffeur de taxi, Korben Dallas

La suite est saupoudrée d’une pincée d’humour et de nombreuses punch lines, avant de céder la place aux militaires, en blindés et treillis, prêts à l’action, pour le meilleur et pour le pire

L’horreur fait son entrée, avec le Pendule d’Edgar Allan Poe, véritable bombe à retardement, suivie de multiples cascades à l’ancienne

C’est alors qu’on découvre la Planète Neige, avec ses cristaux de glace féeriques, et sa poudre fantastique, on a une pensée pour l’Abbé Pierre et ceux qui souffrent du froid et de la pauvreté, on observe ensuite une nouvelle espèce de chenilles, puis vient le temps d’une ballade en forêt, pour couronner le tout le film se conclue avec des petits hommes verts !

Taxi 3 le film Mad dont rêvent tous les Madnautes, courrez le voir, car ceux qui prétendent ne pas l’aimer sont tous des troll, ne les écoutez pas, Taxi 3 est un film révolutionnaire avec un degré d’immersion jamais vu auparavant

C’est un chef d’œuvre qui interpelle notre âme d’enfant, le public ne s’y trompe pas, et il lui a réservé un carton au box office

C’est l’histoire d’une amitié virile, une histoire d’une richesse incroyable, avec une écriture très subtile

Taxi 3 est aussi l’un des derniers films avec de vrais acteurs, faits de chair et de sang, et pas tout numériques, à ce titre c’est une pièce de musée, un collector, un film culte, qui a droit à une place particulière dans notre cœur

Après le chef d’œuvre Taxi 3 (alias T3 pour les intimes), Europa Corp récidivera avec un autre chef d’œuvre, Arthur et les minimoys, les aventures d’un petit garçon qui grâce à un Avatar peut rejoindre ses amis les minimoys

Mais ceci est une autre histoire



Post Scriptum :

Il y a aussi une dimension écologique dans Taxi 3, ainsi sur la Planète Neige il y a de la neige, et la neige c’est de l’eau, l’eau sera un enjeu majeur du XXI ème siècle, ça c’est écolo

De plus quand les 2 héros trouvent de la neige fondue devant l’entrepôt, cela symbolise la fonte de la banquise due au réchauffement climatique, ça aussi c’est écolo, et en prime, là où d’autres films se contentent de parler, Taxi 3 préfère montrer (à condition de savoir lire entre les lignes)

Par ailleurs Taxi 3 aurait pu être en 3D puisque c’est le numéro 3, mais Europa Corp ne sombre pas dans la facilité, qui consistait à proposer un taxi effectuant un dérapage contrôlé pour sortir en 3D de l’écran et nous frôler les moustaches, non, Taxi 3 préfère maîtriser la 2D à la perfection, avec un relief qui ne se voit pas, et ça c’est grand, c’est la marque du génie


6/ Avatar et la politique politicienne

Avant Avatar il y eu :

- Little Big Man
- Danse avec les loups
- Pocahontas

Ces 3 films parlent des Indiens victimes des Cow Boy, ces 3 films sont estimés, mais aucun n’est taxé de chef d’œuvre, alors pourquoi Avatar en serait il un, sous prétexte qu’il évoque « courageusement » le même thème (chez un public amnésique)

Little Big Man, Danse avec les loups, et Pocahontas nomment les victimes (ce sont les Indiens), tandis qu’Avatar ne nomme personne, ce qui fait qu’on peut désigner qui on veut comme victime

La gauche victime des riches et des patrons
Les riches et les patrons victimes de la gauche
La droite victime des fonctionnaires et des étrangers
Les fonctionnaires et les étrangers victimes de la droite
Les Indiens victimes des Conquistadors
Les Na’vis victimes des Terriens
Les Américains victimes du 11 septembre
Les Irakiens victimes des Américains
Les tétraplégiques victimes de la route
Les enfants victimes des pédophiles
Les jeunes victimes du racisme anti jeunes
Les vieux victimes du racisme anti vieux
Les Arabes victimes du racisme anti Arabe
Les Noirs victimes du racisme anti Noirs
Les Blancs victimes du racisme anti Blancs
Les Juifs victimes du racisme anti Juifs
Les volés victimes des voleurs
Les violés victimes des violeurs
Les assassinés victimes des assassins
Etc…

Dans notre société victimaire, tout est victime, tout est injustice, chacun peut se définir comme une pauvre victime, chacun peut se définir comme une minorité victime de salauds de privilégiés (l’enfer c’est les autres), et chacun peut adhérer à une bonne cause au profit d’une quelconque victime, c’est le charity bizness, la victime fait vendre

La victime fait vendre Avatar, Avatar film fourre tout, dégoulinant de bons sentiments, où on peut d’identifier au choix à JakeScully, si on aime les handicapés, ou aux Na’vis si on s’associe à n’importe quelles victimes de la liste (et pas seulement aux Indiens), il y a une infinité de lectures possibles, mais elles sont toutes au raz des pâquerettes, car à force de vouloir parler de tout, Avatar, faux film universel et vrai film démagogique, ne parle de rien, et au final on ne s’identifie ni à Jake, ni aux Na’vis, ni à personne, mais la compassion que l’on a envers les personnages permet de se donner bonne conscience à peu de frais, puis de se croire sensible et intelligent

La seule autre chose qui distingue Avatar de Little Big Man, Danse avec les loups, et Pocahontas, c’est qu’il se donne des airs de science fiction, mais cet aspect est trompeur, car dans science fiction il y a science et fiction, pour la fiction Avatar propose l’Unobtainium et les Avatars, c’est son droit (en tant qu’œuvre de fiction), reste la science, or il n’y a aucune approche scientifique dans la façon dont l’Unobtainium et les avatars sont abordés, Avatar ne respecte même pas les règles de la science fiction, il traite son sujet par dessus la jambe, Avatar n’est même pas un bon film de science fiction, c’est de la science fiction pour les nuls, les vertus de la vulgarisation en moins

Ce n’est pas non plus un film historique, si l’effondrement de l’arbre maison peut évoquer la chute des 2 tours le 11 septembre (symbolisant le début de la troisième guerre mondiale), les bulldozers face à l’arbre des âmes ne font pas penser au Pentagone ce même 11 septembre, si la guerre entre Terriens et Na’vi peut faire penser à la guerre entre Américains et Irakiens, on ne retrouve pas chez les Na’vi l’équivalent de tous les morts dus à la confrontation entre Chiites et Sunnites, si la conquête d’un territoire pour s’approprier un minerai précieux peut faire penser aux Conquistadors et aux Indiens, les Na’vi gagnent à la fin du film alors qu’en réalité les Indiens ont perdu, si on pense aux Alliés attaqués par les Nazis lors de la seconde guerre mondiale et qui ont finalement vaincus ces derniers, les Na’vi laissent repartir leurs agresseurs alors que le procès de Nuremberg a prononcé des condamnations à mort

Les Na’vi sont donc complètement idéalisés, ils ne correspondent à rien de réel, si ce n’est à la façon dont se perçoit une victime, mais non à ce qu’elle est réellement, car la réalité est souvent plus complexe

En suscitant des réactions épidermiques, et pas de réelle réflexion, qui plus est, auprès d’une très large audience, Avatar est la porte ouverte à toutes les manipulations, à de vastes manipulations, et Avatar sert la soupe à la propagande, à toutes les propagandes, chacun se reconnaissant dans les Na’vi (ceux qui doivent prendre les armes pour ne plus être des victimes), c’est ainsi qu’on prépare les guerres de demain

C’est ce qui rend Avatar si ambigu : le risque d’identification fumeuse, que l’on ne retrouve pas dans les autres films de guerre, car les autres films parlent vraiment des Indiens, et pas d’autre chose, ou parlent vraiment du Vietnam, et pas d’autre chose, ou, quand ils parlent de la guerre en général, comme Star Wars / la Guerre des étoiles / A new hope (un vrai grand film de science fiction), ce n’est pas une guerre polymorphe où l’on cherche la correspondance avec diverses guerres réelles (chacun la sienne), c’est le spectateur réel qui s’identifie à un héros fictif de Star Wars et devient donc lui même un héros fictif, plutôt qu’une fiction (Avatar) qui est sommée de s’identifier au spectateur réel, lequel reste lui même dans une attitude nombriliste, au lieu de s’évader à la rencontre d’archétypes éternels, le bien, le mal, sans équivalents désignés, et reste prisonnier de son enveloppe temporelle (par opposition au spirituel), prisonnier de l’intendance, prisonnier du séculier, prisonnier du matériel, prisonnier de son estomac qui régurgite le pop corn


7/ Avatar et marchandising

Et voici le marchandising Avatar

Transforme ta chambre en planète Pandora qui brille la nuit

Joue avec les animaux et les arbres de Pandora

Avec les bigoudis Avatar, tu pourras peigner toi même l’Arbre des âmes et lui faire plein de jolies coiffures

Avec le vernis Avatar, toi aussi tu auras les ongles bleus et les lèvres bleues

Jouets et figurines vendus séparément




Pour vous Madame, le bain moussant Avatar (bleu)

Pour vous Monsieur, le Viagra Avatar (la grande pilule bleue)


8/ Avatar et les Geek

Avartar est incontestablement un film religieux, à base de bon sauvage et de Paradis Perdu, qui demande la foi, et dans lequel un esprit scientifique et profondément athée peine à s’immerger

Pour ses fan, Avatar est une idole, une idole intouchable (ce qui laisse perplexe quand on ne croit pas au sacré), il est interdit de ne pas aimer ! (ce qui est du totalitarisme), il est interdit de dire qu’on n’a pas aimé ! (ce qui est de la censure), il est interdit de dire pourquoi on n’a pas aimé, de l’expliquer ! (sans se faire immédiatement et systématiquement traiter de troll par des fanatiques), et il est interdit de plaisanter sur le sujet, d’introduire un peu de distanciation, de faire preuve d’humour

C’est donc le combat de ceux qui aiment Avatar, ceux qui ont raison, contre le reste du monde, qui a tord, on reconnais à peine dissimulé le discours d’une secte, avec des illuminés qui ont eu la révélation, et échappent à tout sens critique, à tout sens logique, plongeant dans l’irrationnel le plus total

Vouloir sortir un adepte d’une secte, c’est perdre son temps, du coup continuer à discuter d’Avatar n’a aucun intérêt

Les mécanismes employés par Avatar visent une population crédule, Avatar est un film dangereux


9/ Avatar versus James Bond

mais où Avatar a t il trouvé son idée de flore luminescente ?

Cameron aurait il trop trop regardé James Bond ?

Spoiler:


































































petite interview :


Cameron in love.


- Bonjour James Cameron, c’est un honneur pour moi de vous rencontrer.

- (JC) C’est moi qui vous remercie de m’avoir invité.

- James Cameron, d’où vous est venu l’idée d’Avatar ?

- (JC) Durant toute ma carrière j’ai toujours été un réalisateur impatient, je me jetais sur les rush à peine tournés, je regardais même les négatifs quand la copie positif n’était pas encore prête. C’est à force de regarder ces négatifs que j’ai eu l’idée d’Avatar et de son univers.

- D’où vient le titre du film ? Que signifie Avatar ?

- (JC) Comme vous l’avez peut-être constaté, j’aime bien les titres en un seul mot et qui commencent par un A. Avatar m’a semblé bien correspondre à l’esprit du film et il rime avec canular.

- Mais canular est un mot français, parlez vous le français ?

- (JC) Pas très bien, mais au Canada nous avons la province de Québec, qui est francophone, donc nous parlons tous un peu français. C’est surtout que j’ai eu une petite amie qui était française et qui parlait très bien le français, c’est elle qui m’a appris le mot canular.

- James Cameron, on dit que les Na’vi sont bleus parce que c’est la couleur de Vishnu, est ce exact ?

- (JC) Pas vraiment. En fait c’est simplement parce que sur les négatifs, les personnages étaient bleus. J’ai beaucoup tourné avec des acteurs et des actrices blancs, qui apparaissent toujours en bleu, si j’avais pris des comédiens asiatiques ou blacks, les négatifs auraient sans doute eu une autre couleur, et les Na’vi aussi.

- On dit que la flore luxuriante de Pandora qui devient phosphorescente la nuit, vous a été inspirée par les créatures des abysses qui génèrent leur propre lumière. Vous intéressez vous toujours autant aux profondeurs de la mer ?

- (JC) Quand vous regardez un négatif, il y a parfois des zones fluorescentes bleues vertes ou oranges qui sont vraiment très jolies. C’est cela que j’ai voulu restituer avec Avatar. Pour les scènes de nuit, plutôt que d’utiliser des décors virtuels, nous avons construit les plantes en dur avec des matériaux souples, puis les acteurs ont joué dans ce décors, ce qui a permis d’avoir une très bonne interaction entre les acteurs et la végétation. Il a suffit ensuite de prendre le négatif pour obtenir l’effet luminescent voulu, puis de remplacer les acteurs par des CGI obtenus grâce à la performance capture.

- (JC) La performance capture a également permis de créer la faune de Pandora. Je ne vous dirai pas quels animaux nous avons utilisés.

- Est ce pour cela que les animaux de Pandora ont souvent des similitudes avec les animaux terrestres ?

- (JC) Tout à fait.

- Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour réaliser Avatar ?

- (JC) Depuis très longtemps je voulais réaliser un James Bond. J’avais même un projet de scénario. Le bad guy disposait d’un rayon anti gravité qui pouvait soulever des montagnes. Son repaire ressemblait à celui de Scaramanga, avec un mannequin à l’image de James Bond, mais au lieu d’être tout sombre, il ruisselait de lueurs phosphorescentes. Tout au long de sa mission James Bond devait faire équipe avec un agent russe. La séduction était réciproque. A la fin du film, Bond embrassait la cause russe et menait une frappe éclair contre la Grande Bretagne et l’Amérique.

- (JC) Le problème c’est que je n’avais pas les droits. Quand Casino Royale est sorti, j’ai vu que la franchise prenait une tout autre orientation, et j’ai préférer recycler mes idées dans Avatar.

- Pouvez vous nous dire un mot sur votre précédent film, Titanic ? Ce n’est pas un film fantastique, pourquoi avoir choisi ce sujet ?

- (JC) J’avais une petite amie, la française dont je vous ai parlé tout à l’heure, qui jouait avec moi à Pince mi et pince moi sont sur un bateau, pince mi tombe à l’eau, qui est ce qui reste ? C’était un prélude à des jeux érotiques. Dans le film c’est devenu Jack et Rose sont sur un bateau, Jack tombe à l’eau, et qui est ce qui reste ? Le principe est le même.

- (JC) J’aime bien les films tout simples, c’est la recette du succès. Ensuite le public et les critiques s’approprient l’histoire et inventent des explications tarabiscotés.

- James Cameron, merci pour cette interview, je ne vous retiens pas plus longtemps car je sais que vous avez un coffret Blu Ray gorgé de bonus à nous préparer, que tous les fan d’Avatar attendent avec impatience, merci encore.

- (JC) C’est mon plaisir.


Propos recueillis et traduits par Rafik Djoumi.



10/ Avatar est il bon pour la santé ?


La performance capture est-elle sans danger ?

Des animaux ont-ils été maltraités pendant le tournage ?


Selon certains témoignages la colle servant à fixer les pastilles provoquerait des démangeaisons


Spoiler:
(des figurants s’apprêtant à tourner une scène en performance capture)











(la pause)




(action !)




(l'arbre des âmes sans chichis)


Han Solo
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le dossier Avatar - - - - - - - - - - - - - - - (James Cameron 2009)

Message  Le Docteur le Mer 30 Mai - 2:35

Belle Analyse!

_________________
avatar
Le Docteur
Gorgone Zola

Messages : 939
Date d'inscription : 30/03/2010
Age : 35
Localisation : L'université de l'Invisible

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le dossier Avatar - - - - - - - - - - - - - - - (James Cameron 2009)

Message  Han Solo le Dim 28 Oct - 3:29

merci

l'image d'Agar 1975 ayant disparu, je la remets ici


Han Solo
Cyclopes, c'est long à fumer

Messages : 92
Date d'inscription : 08/08/2012

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le dossier Avatar - - - - - - - - - - - - - - - (James Cameron 2009)

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum