Da Badass Motha Fuckin' Topic

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Da Badass Motha Fuckin' Topic

Message  Mecha T. le Mar 4 Mai - 0:10

Début 70', USA.
Jusqu'à présent il n'y avait pas de véritable personnage noir dans le cinéma américain auquel la communauté pouvait s'identifier (à part le sympathique Sydney Poitier dans des films tels que "Devine qui vient dîner ?" ou encore "Dans la chaleur de la nuit", bien qu'anti-racistes, ils ne reflétaient en rien le quotidien des afro-américains à l'époque -racisme, émeutes raciales, activisme des Black Panthers...-).
Le seul médium délivrant un message politique alors était la musique (Funkadelic, Sly & the Family Stone...).
Mais cela va changer avec un film...





1971
Réal.: Melvin Van Peebles
Avec : Melvin Van Peebles, Mario Van Peebles, Simon Chuchster...



Melvin Van Peebles en est le producteur(ainsi que Bill Cosby !!)/réalisateur/scénariste/monteur/acteur principal et compositeur (en collaboration avec les inconnus à l'époque : Earth, Wind & Fire).
Le film s'ouvre sur un homme courant dans un tunnel et une phrase proclamant "Dedicated to all the Brothers and Sisters who had enough of the Man" ("Dédié à tous les frères et soeurs qui en ont assez de l'homme blanc", homme blanc en tant que représentant de l'establishment -police,...-) puis un "starring : the Black Community".
Il conte l'histoire d'un orphelin (Mario Van peebles, fils du réal), adopté par un proprio de bordel, qui perd sa virginité auprès d'une prostituée (c'est à ce moment qu'il reçoit le surnom de sweetback).
Des années plus tard, Sweetback (Melvin Van Peebles) est la star de la maison close, exposant ses performances avec des clientes devant un nombreux public.
Deux flics assistent au spectacle, demandant au patron de Sweetback de leur livrer un homme qui fera office de suspect dans une affaire de meurtre, histoire d'appaiser les esprits, promettant de le relacher plus tard pour "manque de preuve". Notre étalon est donc emmené au poste. Sur le chemin, les inspecteurs arrètent un jeune membre des Black Panther. Ils le passent à tabac sous les yeux de Sweetback, qui après avoir détourner son regard un instant, décide de réagir. Il tue les deux flics à mains nues. Poursuivi et persécuté, il fuit vers le Mexique grâce à l'aide de bikers et de la communauté noire.

Van Peebles ne voulant pas soumettre son film à la MPAA (le comité de censure américain), il reçut automatiquement un classement X, qu'il aurait tout de même normalement reçu car les scènes de sexe ne sont pas simulées. (Ce qui servit d'argument de vente, un "Rated X By An All-White Jury" ayant été apposé sur l'affiche). N'ayant pas l'aval de la MPAA, il ne pût distribuer son film que dans un circuit restreint de cinémas noirs à New-York, Détroit ou encore San Fransisco.
Mais le succès fut au rendez-vous, le film engrangea 10 M de dollars de recette pour un coût de 150 000 (dont une partie payée par un dédommagement pour ""accident de travail"" car il contracta une blennorragie à cause des scènes de sexe).
La mise en scène est très expérimentale (Peebles a étudié le cinéma à Paris durant les années 60 et a été beaucoup influencé par la nouvelle vague et spécialement Godard) voire foutraque. Mais cela n'a pas grande importance, car c'est le premier film avec un point de vue afro-américain sur la société américaine, un film fait "par un noir pour les noirs", redéfinissant le statut du héros afro-américain à l'écran.



Au même moment, la MGM, en grosse perte de vitesse et d'argent avait besoin d'un succès pour se remettre d'aplomb.




1971
Réal.: Gordon Parks
Avec : Richard Roundtree, Moses Gunn, Charles Cioffi...

Elle décide alors de confier à Gordon Parks (qui est aussi un grand photographe, reconnu notamment pour son travail au magazine LIFE -il est d'ailleurs le premier afro-américain à y travailler-, dans lequel il fit, entre autres, les portraits de Malcolm X et de Mohammed Ali) l'adaptation d'une nouvelle d'Ernest Tidyman (vainqueur en 1971 d'un Oscar pour le scénario de French Connection) narrant les aventures d'un détective black à la méga cool attitude (ce qui met plus que grandement en doute les dires de Van Peebles, clamant qu'à la base Shaft n'était qu'une histoire de détective blanc dont la couleur de peau a été changée aux vues du succès de son film).
John Shaft (Richard Roundtree) donc, détective privé noir, est engagé par un gangster black dénommé Bumpy (Moses Gunn) pour retrouver sa fille kidnappée. Ses investigations le mèneront dans Harlem, puis contre la mafia.

Pas vraiment accepté en tant que détective car noir de peau (bien que cela soit évacué dans le film par une scène où le policier Androzzi approche un stylo noir du visage de Shaft et dit : "You're not so black !" et le détective réplique aussitôt en approchant une tasse en porcelaine de la face du flic : "You ain't so white either !"), considéré comme un traître par les activistes à cause de ses relations avec la police, cela ne l'empêche en rien de montrer et de revendiquer sa fierté d'être noir.
Au delà de ça, il est une icône de tolérance (cf la scène où il se fait mettre la main au cul par un tenancier de bar homo sans réagir, montrant par là même le fait que personne ne peut resister à son charme) et du combat contre le racisme ordinaire, toujours super bien sapé et tombeur de ces dames (et ne refusant pas l'ultra violence).
Ce côté sexy et félin de Shaft est transcendé par la musique emblématique d'Isaac Hayes, pour laquelle il gagna un Oscar en 1972. Ce point de vue afro-américain de la société américaine fait de nouveau un carton en salle. A noter aussi l'apparition d'Antonio "Huggy les bons tuyaux" Fargas en indic (oui, déjà) ainsi que l'audition pour le rôle principal d'un certain Ron O'Neal, non engagé car trop clair de peau.


Mais rien de perdu...




1972
Réal.: Gordon Parks Jr
Avec : Ron O'Neal, Carl Lee, Sheila Frazier...

... car il fut retenu pour le rôle de Youngblood Priest par le fils de Gordon Parks.
Comme l'annonce l'affiche, Priest a un plan "to stick it to the man" (en gros, la mettre bien profond à l'homme blanc), il est dealer et souhaite se ranger du buziness. Il décide pour cela de faire un dernier gros coup qui le mettra lui et sa petite amie à l'abris du besoin. Mais son fournisseur, la Mafia, ne l'entend pas de cette oreille.

Le métier de Priest est montré comme un job banal, voire très attractif (les habits, les femmes, les appareils électro-ménagers que l'ont peut s'offrir grâce à l'argent de la drogue, cf la phrase du partenaire de Priest, Eddie (Carl Lee), se demandant pourquoi il veut quitter ce buziness : "You're gunna give all this up? Eight Track Stereo, color T.V. in every room, and you can snort a half a piece of dope everyday ?! That's the American Dream, nigga!"). Mais il veut s'en sortir et cela par tous les moyens possibles.
Le petit budget donne un côté documentaire qui n'est pas sans appuyer cette ambigüité qui se dégage du film. Celle-ci est renforcée par la monstrueuse B.O composée par Curtis Mayfield qui, à la base ne voulait pas l'écrire et décida finalement de faire passer un message positif au travers de ses paroles (le disque engrangea plus d'argent que le film qui pourtant fut un énorme succès), nuançant le côté très égocentrique, voire capitaliste du métrage.
Superfly se pose donc en antithèse de Shaft ; opposant à une sorte de glamour de ce dernier, un univers qui vous laisse un goût amer dans la bouche.




A la suite du succès de ces trois films, les producteurs, étant ce qu'ils sont, eurent tôt fait de s'interesser à ce nouveau filon et à ce nouveau public qui s'offrait à eux et auquel il n'avait jamais porté attention : la communauté afro-américaine.
Bien entendu, ils n'en reprirent que ce qui était le plus simple à reproduire : la violence, le sexe et la cool attitude (fringues + musique), ce pourquoi Van Peebles ne veut pas que son film en soit considérer comme fondateur.
La blaxploitation était née, et en l'espace d'environ 4 ans, de 1971 à 1975, plus de 200 films furent produits, investissant tout les genres, du kung fu à l'horreur en passant par le western ou encore la science fiction, revenant de temps à autres au polar urbain.

Et 2-3 autres trucs ici.

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Mecha T.
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