Alice in chains, Killer is me

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Alice in chains, Killer is me

Message  jefbyos le Jeu 27 Mai - 23:18

Je profite de ce forum tout nouveau, tout beau pour rapatrier un récap de leur carrière que j'avais publié sur MM. Je souhaite qu'il vous donne envie de laisser une chance au dernier-né de leur production : il vaut vraiment le coup, et j'ai été de ces sceptiques à qui aura fallu mettre le disque presque de force pour me laisser convaincre.

Let's go :



Facelift (1990)

L'album de l'ascension. Le grunge est dans l'air, le groupe tourne depuis quelques temps dans les clubs de Seattle et le Maxi We die Young connait un succès d'estime qui permet à AIC de d'entrer par la petite porte avec ce grand disque. Man in the Box passe sur MTV et le bateau à le vent en poupe... Un disque du Métal le plus lourd qu'il soit possible de forger, avec l'oppressante sensation d'un destin déjà scellé sur le prémonitoire We die young. Jerry Cantrell détourne les clichés Hard-rock FM ou sudistes pour donner une version déliquescente de leur Amérique en déroute, au travers de riffs qui vous hantent comme ces lendemain qui déchantent...

Layne Staley impose un charisme crépusculaire et un timbre unique, qui sera maintes fois copié (ou plutôt carricaturé), et les deux hommes aiment à marier leurs voix dans des harmonies vocales qui deviendront une des marques de fabrique les plus identifiables du groupe. Soutenus par une basse/batterie solide comme une poutrelle en acier, le disque enchaine les morceaux de bravoure (Sea of sorrow, Bleed the Freak, Love Hate Love, It ain't like that) et malgrès quelques titres dispensables ou AIC expérimente d'autres terrains de jeux que celui qui lui sied le mieux (le presque RHCP I know somethin (bout you) en tête), Facelift est un album qui se doit de figurer dans toute discothèque rock et métal qui se respecte.



Sap (1992)

Maxi acoustique, enregistré avec des invités : Ann Wilson (Heart) sur Brother et Am I Inside, Mark Arm et Chris Cornell (chanteurs respectifs de Mudhoney et Soundgarden) sur Right Turn - donnant par ailleurs le nom d'Alice Mudgarden (!) à l'attelage. Un disque qui semble récréatif de prime abord, dans la continuité des digressions parsemant ça et là Facelift, mais qui continue d'imposer la personalité d'Alice in Chains dans sa noirceur et ses arrangements vocaux luxuriants.



Dirt (1992)

L'album de la maturité. Le groupe explose littérallement et Dirt sera son disque le plus vendu (quadruple platine), soutenu par le succès du clip Rooster multi-diffusé sur MTV. Rooster, c'est le surnom du père de Cantrell au Viet-nâm, un abcès que les américains ne cessent de vider de son pus depuis qu'Apocalypse Now et Platoon l'ont crevé, et qui résonne de l'actualité de la tristement célèbre Gulf War. Le disque est aussi un cri de l'aliénation de Staley, au travers de ses addictions et de ses dépressions, de ses pulsions morbides... De Them Bones, Dam That River, Junkhead à l'inoubliable Down in a hole, les morceaux de bravoure s'alignent comme des condamnés au peloton d'execution, les riffs s'enchainent avec la régularité d'une mitrailleuse et les arrangement vocaux exhalent toute leur séduction vénéneuse. Si l'on excepte une ou deux plages récréatives, Dirt est un monument de noirceur comme le rock en délivre rarement.

Juste indispensable.



Jar of flies (1994)

Après le coup de massue Dirt et la tournée triomphale Loolapalooza, c'est a nouveau le contre-pied que choisit AIC, et offre de nouveau un EP acoustique. Faisant mine de se reposer, le groupe ajoute encore des cordes a son arc (et des cordes sur l'excellent I Stay away, sans que personne y trouve a redire d'ailleurs). Au plus sûr de son faîte, le groupe n'a rien perdu de son magnétisme, le duo Cantrell/Staley offre parmi ses sept titres 2 classiques instantanés (Nutshell et No excuses). Le succès critique et commercial est là, et l'occasion est trop belle : Columbia ressortira un package Jar of Flies / Sap de bon aloi - et hautement recommandable donc.



Alice in chains (1995)

Aussi appelé 3 feet's dog, Tripod, Dog album ou Three, l'album éponyme prend tout le monde de court : non pas qu'il ne soit pas logique qu'il revienne au racines métalliques du groupe, comme dans un mouvement de balancier, mais plus par un hermétisme mélodique qui le rend plus difficile d'accès que Facelift ou Dirt. Pourtant, ce Tripod est certainement le disque le plus abouti du groupe, celui ou les concessions sont restées à la porte du studio. L'histoire veut que Layne Staley aie plus travaillé que jamais à l'enregistrement de ses nombreux overdubs de voix - d'une perfection encore étonnante aujourd'hui ou les correcteurs vocaux règnent en maitre. Cantrell lui emboite le pas , délaissant les riffs entêtants pour participer à l'empilement hamonique qui fait de ce disque un pendant sonore de la tour de babel, ouvrage vain et magnifique dans sa tentative de lier terre et ciel mais voué à l'écroulement.

Le groupe laisse tout de même des portes d'accès avec des titres comme Heaven Besides you, mais des titres comme Again ou God Am sont des manifestations de malaise pur comme le groupe n'aura plus jamais l'occasion d'en distiller... Il sera certifié double platine, malgrès l'absence d'un support scènique - ce que la rumeur aura tôt fait d'imputer à l'état de santé de Staley.



MTV Unplugged (1996)

Après avoir délaissé la scène durant trois années, c'est MTV et sa célèbre émission MTV Unplugged qui offre à AIC sa plus belle captation live, peut-être son disque le plus poignant. Si en 1992, l'émission avait offert a Pearl Jam l'occasion de revendiquer la vie, Alice ne pouvait qu'emboiter le pas de Nirvana et de sa prestation testamentaire. Le groupe - accompagné de Scott Holsen à la guitare rythmique - livre des interprétations inspirées, offrant le plus bel écrin aux dernier souffles d'un Layne Staley totalement à la merçi de ses démons.

Par delà la fascination morbide exercée par la prestation, il s'agit là du disque le plus équilibré du groupe. Celui que l'on peut écouter avec attention et toujours y entendre un détail, un souffle ou une inflexion nouvelle, celui qui absorbe par la profondeur fascinante des mélodies, envoute par les harmonies ramenées à leur plus pure expres​sion(le duo Cantrell et Staley)... Mais c'est aussi ce dernier disque de Staley qui paradoxalement est la plus belle porte d'entrée à l'univers d'Alice pour le profane.

J'ai lu quelque part que le seul défaut de ce MTV Unplugged, c'est qu'on à plus envie de n'écouter que ce disque d'Alice in chains. Ca se vérifie souvent, tant il est la somme de tout ce qui constitue leur univers malgrès l'absence logique d'éclats de fureur... Le chef-d'oeuvre, en quelque sorte.



Live (2000)

Le groupe n'ayant sorti comme témoignage live qu'un album acoustique, et malgrès sa qualité indéniable, il fallait rendre justice aux prestations électriques. C'est ce que tente de faire avec plus ou moins de bonheur ce Live, compilation de captations pour certaines déjà sorties de ci, de là, et sonnant parfois plus comme un bootleg que comme un véritable disque officiel. Les interprétations sont de qualité, mais le résultat est curieusement assez rapidement lassant. Difficile de rivaliser avec l'intensité hypnotisante de l'unplugged...



Boggy dépôt (1998, Album solo de Cantrell)

Staley s'éloigne largement du groupe, prisonnier de la toile de ses addictions, et laissant Cantrell se défouler dans un premier solo de bonne facture - Boggy depôt... avec le concours de Sean kinney et Mike Inez, ce qui fera dire à pas mal que ce disque est album d'AIC sans son chanteur.



Degradation Trip (2002, Album solo de Cantrell)

Layne Staley décède d'une overdose de Speedball (un mélange d'héroine et de cocaïne, combinaison des plus dangereuses comme on s'en doute). Cette perte affecte durablement Cantrell, qui sort deux mois plus tard son second disque solo. Cet album bénéficie du concours des talentueux Mike Bordin à la batterie (Faith no more) et Robert Trujillo à la basse (Suicidal tendencies, Infectious grooves et futur Metallica). Plus personnel dans le son et les compositions, mettant plus sa voix à l'honneur, cet effort n'en reste pas moins connecté à AIC en tant qu'hommage appuyé à son ami décédé... un disque du coeur.



Black Gives Way to Blue (2009)

14 ans : c'est la durée du calvaire d'Alice In chains depuis son dernier effort studio avec son chanteur aujourd'hui disparu. S'il est malaisé de remplacer l'incarnation vocale d'un groupe - ACDC étant un des rares exemples de reprise de flambeau déférente et digne, c'est encore plus une gageure pour Alice. Après avoir déversé sa frustration de voir son ami se perdre dans la drogue sur un premier solo, et avoir fait son deuil dans le second, Cantrell décide en 2005 de remonter AIC...

L'idée fait sauter au plafond. Alice sans Staley, c'est possible ? Une première tentative intéressante est faite à l'occasion de quelques titres avec Maynard James Keenan, trouvable en qualité pirate à peine audible, laissant tout de même entrevoir un groupe qui n'attend qu'une personalité forte pour poursuivre son oeuvre. S'ensuit une tournée avec un chanteur recruté pour l'occasion, un inconnu du nom de William DuVall. Les prestations suivantes seront peu concluantes, le costume de Staley étant difficile a endosser. Pourtant, Cantrell, Mike Inez et Sean Kinney y croient et continuent leur chemin, tournant avec Velvet Revolver, maquettant un nouveau disque dans leur coin. Après tout, personne ne les attend...

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la surprise est de mise. Le groupe joue à son meilleur niveau, les compos sont à mi chemin entre Facelift et Dirt, avec des riffs plus acérés que jamais (Check my brain, Last of my kind, A looking wiew, Acid Bubble). Deux récréations acoustiques sont également au programme, qui rappelleront agréablement Sap/Jar of flies...

Et DuVall ? Ben il est pas mauvais, du tout. Sa voix, plus proche qu'on ne l'aurait pensé de celle de Staley se marie donc a merveille avec celle de Cantrell. Bien sûr on ne saurait lui prêter l'aura vénéneuse de son ainé, et c'est en toute humilité qu'il se place souvent en retrait - notamment le premier titre, All secrets know, afin d'entrer sur la pointe des pieds... Un travail d'appropriation plus proche du domptage, jouant sur la prégnance du chanteur historique d'Alice, lui conférant une présence fantômatique qu'il n'aurait pas reniée.

Alice in Chains est mort. Vive Alice !
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Re: Alice in chains, Killer is me

Message  Le Docteur le Ven 28 Mai - 7:41

Belle entrée en matière que ce topic.
Back gives way to blue est un des trois albums qui tourne en boucle chez moi depuis le début de l'année. Ca fait du bien de voir un groupe qui fait un come back qui ne soit pas une demie molle.

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