Le Hobbit - Un voyage inattendu

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Le Hobbit - Un voyage inattendu

Message  Le Docteur le Sam 15 Déc - 22:23


La chose la plus flagrante est qu'il y'a une vraie volonté de cohérence avec le seigneur des anneaux. On a fait le rapprochement avec la menace fantôme. A ce niveau, à part le fait qu'il y'ait effectivement une menace fantôme de par la volonté de contextualisation de Jackson et ses scénaristes, ça n'a rien à voir. L'unicité est d'abord présente dans le réemploi des thèmes musicaux qu'on connaît, auxquelles s'est adjoint le thème des nains qui a le droit à des heures de gloire comparables à ceux des hommes et des elfes. La communauté chantait les louanges de la Terre du Milieu et de ses habitants millénaristes, les films suivants étaient ceux des hommes. Celui-ci est celui des nains, et Jackson ne les traite pas avec moins de considération sous prétexte que ce sont des nains. Tout est fait pour qu'ils soient désormais considérés comme autre chose que des sidekicks comiques. De leur histoire à la représentation o combien iconique de Thorin (aidé par un choix d'acteur parfait), leur histoire prend un souffle et une épaisseur équivalente à celle du Gondor ou du Rohan. On en oublie pas moins que ce sont de joyeux drilles. L'équilibre est bien tenu entre leur nature et la gravité de leur quête (à leur niveau) et Jackson en profite pour nous offrir de belles scènes burlesques qui durent et qui ont le temps de faire vivre ses personnages. On a le temps de s'attacher à une bonne partie des nains (et de penser que la suite se chargera de les faire tous accepter), d'adopter leur point de vue, d'intégrer le hobbit à cette quête, tout ça de manière assez forte pour que le climax ait la même résonance que les climax des trois autres films, tout ça avec des enjeux plus faibles.

Ce que le Hobbit perd en solennité et en urgence, il le gagne en familiarité et en sympathie. Peter Jackson s'amuse comme il l'avait peu fait depuis la fin des années 90, occupé qu'il était à (très bien) dramatiser ses récits. Le Hobbit est une ode à l'aventure dans un contexte d'Héroïc Fantasy, avec une bonne grosse pincée de burlesque. Ce mélange est si savamment orchestré que je me suis surpris à rêver d'une adaptation du disque monde par Peter Jackson et à quel point il serait comme un coq en patte à mettre en scène les élucubrations de Rincevent ou de la Faucheuse tout en rendant toute son ampleur à ce monde. A aucun moment je n'ai trouvé les nains ridicules. Les scènes avec Radagast sont excellentes et ne viennent pas comme un cheveu sur la soupe. L'unicité avec la trilogie du seigneur des anneaux est d'autant plus prégnante du fait que Bilbo et Frodo prennent(logiquement) les mêmes chemins au début de leur périple. Cela permet de vivre des événements qui n'étaient jusque là que racontés. En ce sens, le passage des trois statues est un vrai bonheur, au même titre que celui qui scellera le destin de l'anneau avec la rencontre de vous savez qui (les spectateurs ont été plus réceptifs à cette scène, à en juger par les exclamations à l'apparition de la créature). Le but n'est plus une visite de la Terre du Milieu et chaque élément de passage a sa place dans un contexte plus général. Si des scènes sont beaucoup plus longue (celle qui scellera le destin de l'anneau par exemple), l'impression d'ensemble est celle d'une plus grande unité, de moins d'éparpillement. Sinon c'est toujours aussi beau, les plans sont toujours composés avec autant de soin et l'ampleur de la réalisation est encore plus justifiée par le HFR.

Concernant le HFR justement, les débuts sont bizarres. Les mouvements sont tellement fluides qu'on a l'impression de regarder le film de vacances de potes tourné à la mauvaise vitesse et projeté en 3D. On voit pourtant le potentiel du procédé dès l'introduction avec l'attaque de Smaug. Une fois dans l'action, on ne retient plus que le coté immersif de la chose, les effets d'accéléré étant beaucoup plus sporadiques. J'ai perdu la notion du temps durant le film, je me suis trouvé à plusieurs reprises les yeux écarquillés et la bouche ouverte en ne m'en rendant compte que plusieurs minutes plus tard (je n'avais pas pris de drogue), ce qui prouve qu'il y'a effectivement un intérêt dans le procédé pour ce qui est de faire oublier qu'on regarde un film. Ca vient aussi de la qualité du scénario et des acteurs, mais en ayant visionné les deux versions, je peux dire que le HFR, en dépit de l'effet d'accéléré, était plus immersif. Il serait aussi intéressant de voir ce que ça donne sur un film d'horreur, la seule scène de Radagast avec les araignées ayant produit à mon niveau un effet de tension plus réel en HFR qu'en 24 fps. La réalisation de Jackson faite de plans aériens et de travellings très rapides passe beaucoup mieux (peut-être parceque les mouvements sont plus fluides eux-mêmes). Au niveau CGI, il y'a un réel effort d'unicité et de photoréalisme, et c'est quelqu'un que les effets d'avatar avaient sorti du film qui le dit. Bref, c'était que du bon, et certainement ma meilleure séance depuis des années (en creusant un peu ça devrait remonter au retour du roi). Des quatre films, je place le Hobbit en troisième position, juste devant la communauté de l'anneau. Une position confirmée par la deuxième vision de ce soir. Smile/>/>

6/6

Mais ceux qui n'ont pas aimé le seigneur des anneaux version Jackson ont tout intérêt à passer leur chemin.

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